Léonard Alexis Autier, dit Léonard (ca. 1750 – 1820) – D52 (tombe disparue)

Entre décembre 1819 et juin de l’année suivante, la 52ème division actuelle, alors appelée « pièce de la cave » est lotie de tombes exclusivement temporaires.

Parmi une liste de noms plus ou moins inconnus, j’ai eu la surprise de tomber sur un patronyme familier. Dans le Registre journalier des inhumations, on peut lire que le 25 mars 1820, fut inhumé Léonard Autié (sic!), âgé de 70 ans, son corps provenant du 1er arrondissement (ancien). Léonard

Léonard Autier (ou Autié), vous le connaissez sans doute. Son nom d’artiste – ou d’artisan, comme vous voudrez – était Léonard et il fut pendant 12 ans le coiffeur de la Reine Marie-Antoinette, créateur de coiffures farfelues et peu pratiques, adorées des riches élégantes, à la fois moquées et admirées en France comme en Europe. Associé à Rose Bertin, modiste attitrée de la Reine, il créa les fameux « poufs » en 1774: les cheveux des belles étaient relevés grâce à des épingles sur un coussin renforcé d’une fine armature en métal. On y fixait alors tout une ribambelle d’ornements et objets extraordinaires: automates, portraits, oiseaux en cage, maquettes de bateaux…

LéonardJe ne développerai pas la biographie du personnage car d’autres l’ont fait bien mieux que moi. Si le cœur vous en dit, allez jeter un œil au très bon article de Marie-Christine Pénin qui vous en apprendra davantage sur la « double mort » de Léonard…

Après sa deuxième mort -celle-ci définitive – son corps fut déposé dans une fosse temporaire « pièce de la cave, dans l’intérieur de la division à commencer côté du Bastillon, » ligne 10, fosse 1.

Comme vous le savez si vous êtes un(e) habitué(e) du blog, la lecture des indications de localisation portées dans les RJ n’est jamais chose aisée, en particulier dans les divisions consacrées aux sépultures temporaires qui ont, par nature, beaucoup changé avec le temps. La localisation d’une tombe demande en fait une lecture attentive de dizaines d’entrées dans les registres, quelques croquis et pas mal de logique.

Je vous ai déjà dévoilé ma première trouvaille: la « pièce de la cave » correspond à la D52 actuelle. Et celle du Bastillon (jamais orthographié Bastion dans les RJ) à la D53. Les chemins qui bordent ces divisions à l’est portent encore ces noms.

Voilà les premiers repères placés.

Drôle de surprise pour moi, le système de lotissement varie d’une pièce à l’autre. En 1820, les fossoyeurs cherchent sans doute à améliorer leur méthode de « rangement » et ils tâtonnent encore. Ainsi, le secteur du Bastillon sera loti entre mai et décembre 1819, lignes après lignes, d’ouest en est, en commençant en bordure de l’actuel chemin de Mont-Louis. Pour la pièce de la Cave, qui ouvre donc une fois celle du Bastillon entièrement lotie, un système différent sera mise en œuvre: les trois premières lignes suivront les contours de la division, en escargot, et les lignes à l’intérieur de la division seront établies parallèlement à l’avenue Feuillant, du sud au nord. Ce système ne semble pas avoir donné satisfaction car il ne fut pas adopté pour les pièces suivantes.

Après quelques recherches et comparaison avec les cartes anciennes (où Léonard n’apparaît jamais, soit dit en passant), j’ai tout de même pu localiser l’emplacement approximatif de sa sépulture. Je vous laisse le découvrir ci-dessous.

Léonard Père-Lachaise

La tombe de Léonard se trouvait à proximité de la chapelle Martin-Le-Roy (concession de 1829) que vous apercevez sur la droite de l’image.

L’absence de toute mention marginale dans le Registre journalier semble indiquer que la tombe ne fut pas renouvelée au delà de 5 ans et que le corps de Léonard ne fut jamais transféré dans une autre sépulture. Sa tombe fut sans doute reprise au début des années 1820. Qu’advint-ils des restes mortuaires exhumés? Il y a fort à parier qu’ils furent ré-inhumés dans l’une des fosses communes ouvertes en bas du domaine.

 

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1 Comment
  • Corentin de Shilph
    février 13, 2017

    Passionnant comme à l’accoutumé.

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